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Chapitre III

L’Integrite Testee par le Feu

VERS. 1: «Le roi Nébucadnetsar fit une statue d’or, haute de soixante coudées et large de six coudées. Il la dressa dans la vallée de Dura, dans la province de Babylone.»

Nous pouvons penser que cette statue devait avoir une certaine relation avec celle du rêve du roi, décrite dans le chapitre précédent. Dans ce rêve, la tête était en or et représentait le royaume de Nébucadnetsar. Des métaux de qualité inférieure, qui symbolisaient une succession de royaumes, lui succédaient. Nébucadnetsar se sentit très probablement satisfait que son royaume fût représenté par l’or; mais être suivi par d’autres royaumes ne lui plaisait pas trop. Aussi, au lieu d’avoir simplement la tête de sa statue en or, il la fit entièrement d’or, dans le but de montrer que son royaume ne serait jamais remplacé par un autre, mais qu’il se perpétuerait.

VERS. 2-7: «2 Le roi Nébucadnetsar fit convoquer les satrapes, les intendants et les gouverneurs, les grands juges, les trésoriers, les jurisconsultes, les juges et tous les magistrats des provinces, pour qu’ils se rendissent à la dédicace de la statue qu’avait élevée le roi Nébucadnetsar. 3 Alors les satrapes, les intendants et les gouverneurs, les grands juges, les trésoriers, les jurisconsultes, les juges, et tous les magistrats des provinces, s’assemblèrent pour la dédicace de la statue qu’avait élevée le roi Nébucadnetsar. Ils se placèrent devant la statue qu’avait élevée Nébucadnetsar. 4 Un héraut cria à haute voix: Voici ce qu’on vous ordonne, peuples, nations, hommes et toutes langues! 5 Au moment où vous entendrez le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, de la cornemuse, et de toutes sortes d’instruments de musique, vous vous prosternerez et vous adorerez la statue d’or qu’a élevée le roi Nébucadnetsar. 6 Quiconque ne se prosternera pas et n’adorera pas sera jeté à l’instant même au milieu d’une fournaise ardente. 7 C’est pourquoi, au moment où tous les peuples entendirent le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, et de toutes sortes d’instruments de musique, tous les peuples, les nations, les hommes de toutes langues se prosternèrent et adorèrent la statue d’or qu’avait élevée le roi Nébucadnetsar.»

La dédicace de la statue.--La dédicace de cette statue devait être une grande occasion, car tous les responsables du royaume furent convoqués. Les hommes sont disposés à faire des efforts et des dépenses extrêmes pour soutenir les systèmes de culte idolâtres et païens. Comme il est triste que ceux qui ont la vraie religion soient dépassés dans ce domaine par ceux qui soutiennent le faux et la contrefaçon. L’adoration était accompagnée de musique; et quiconque n’y participait pas se voyait menacé d’être jeté dans la fournaise ardente. Les plus grands motifs toujours utilisés, pour pousser les hommes dans une direction sont, le plaisir d’un côté, la douleur de l’autre.

VERS. 8-12: «8 A cette occasion, et dans le même temps, quelques Chaldéens s’approchèrent et accusèrent les Juifs. 9 Ils prirent la parole et dirent au roi Nébucadnetsar: O roi, vis éternellement! 10 Tu as donné un ordre d’après lequel tous ceux qui entendraient le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, de la cornemuse, et de toutes sortes d’instruments, devraient se prosterner et adorer la statue d’or, 11 et d’après lequel quiconque ne se prosternerait pas et n’adorerait pas serait jeté au milieu d’une fournaise ardente. 12 Or, il y a des Juifs à qui tu as remis l’intendance de la province de Babylone, Schadrac, Méschac et Abed-Nego, hommes qui ne tiennent aucun compte de toi, ô roi; ils ne servent pas tes dieux, et ils n’adorent point la statue d’or que tu as élevée.»

Trois Hébreux mis à l’épreuve.--Les Chaldéens qui accusèrent les Juifs étaient probablement de la secte des philosophes; ils étaient encore agités par la douleur cuisante de leur incapacité à interpréter le songe du roi, relaté dans Daniel 2. Ils étaient fermement décidés à profiter de n’importe quel prétexte pour accuser les Juifs devant le roi, afin d’obtenir leur disgrâce et leur destruction. Ils encouragèrent les préjugés du roi par de fortes insinuations sur leur ingratitude. «Tu les as établis sur toutes les affaires de Babylone, et ils t’ont déjà désobéi», dirent-ils. Où se trouvait Daniel à ce moment-là, nous ne le savons pas. Il était probablement absent pour régler une affaire du royaume. Mais pourquoi, Schadrac, Méschac et Abed-Nego, qui ne pouvaient pas adorer la statue étaient-ils présents à cette occasion? Etait-ce parce qu’ils étaient bien disposés à accomplir la bonne volonté du roi tant que leurs principes religieux n’étaient pas compromis? Le roi exigeait leur présence. Devant une telle exigence, ils devaient s’y conformer, il le fallait. Il exigeait d’eux l’adoration de la statue. Mais leur religion le leur interdisait, aussi refusèrent-ils de le faire.

VERS. 13-18: «13 Alors Nébucadnetsar, irrité et furieux, donna l’ordre qu’on amenât Schadrac, Méschac et Abed-Nego. Et ces hommes furent amenés devant le roi. 14 Nébucadnetsar prit la parole et leur dit: Est-ce de propos délibéré, Schadrac, Méschac et Abed-Nego, que vous ne servez pas mes dieux, et que vous n’adorez pas la statue d’or que j’ai élevée? 15 Maintenant tenez-vous prêts, et au moment où vous entendrez le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, de la cornemuse, et de toutes sortes d’instruments, vous vous prosternerez et vous adorerez la statue que j’ai faite; si vous ne l’adorez pas, vous serez jetés à l’instant même au milieu d’une fournaise ardente. Et quel est le dieu qui vous délivrera de ma main? 16 Schadrac, Méschac et Abed-Nego répliquèrent au roi Nébucadnetsar: Nous n’avons pas besoin de te répondre là-dessus. 17 Voici, notre Dieu que nous servons peut nous délivrer de la fournaise ardente, et il nous délivrera de ta main, ô roi. 18 Sinon, sache, ô roi, que nous ne servirons pas tes dieux, et que nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as élevée.»

La patience du roi est montrée par le fait qu’il accorde à Schadrac, Méschac et à Abed-Nego une autre opportunité après leur première désobéissance à accomplir ses requêtes. Peut-être que la demande n’était pas tout à fait comprise. Ils ne pouvaient pas plaider en faveur de l’ignorance. Ils savaient ce que le roi voulait, et leur manquement à son commandement était un refus intentionnel et délibéré de lui désobéir. Pour beaucoup de rois ceci aurait été suffisant pour sceller leur sort. Mais non, Nébucadnetsar dit: je veux fermer les yeux sur cette offense si à la seconde épreuve vous accomplissez la loi. Mais ils informèrent le roi qu’il n’était pas nécessaire qu’il se dérange à renouveler le test.

Leur réponse était à la fois honnête et décisive. «Nous ne craignons pas de te répondre là-dessus», dirent-ils. C’est-à-dire, tu n’as pas besoin de nous accorder une autre épreuve; notre décision est prise. Nous pouvons répondre aussi bien maintenant qu’à n’importe quel autre moment; et notre réponse est que nous ne servirons pas tes dieux, et nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as élevée. Notre Dieu peut nous délivrer de toi s’il le désire; mais s’il ne le veut pas, nous ne nous plaindrons pas. Nous connaissons sa volonté, et nous lui rendons une obéissance inconditionnelle.

VERS. 19-25: «19 Sur quoi Nébucadnetsar fut rempli de fureur, et il changea de visage en tournant ses regards contre Schadrac, Méschac et Abed-Nego. Il reprit la parole et ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus qu’il ne convenait de la chauffer. 20 Puis il commanda à quelques-uns des plus vigoureux soldats de son armée de lier Schadrac, Méschac et Abed-Nego, et de les jeter dans la fournaise ardente. 21 Ces hommes furent liés avec leurs caleçons, leurs tuniques, leurs manteaux et leurs autres vêtements, et jetés au milieu de la fournaise ardente. 22 Comme l’ordre du roi était sévère, et que la fournaise était extraordinairement chauffée, la flamme tua les hommes qui y avaient jeté Schadrac, Méschac et Abed-Nego. 23 Et ces trois hommes, Schadrac, Méschac et Abed-Nego, tombèrent liés au milieu de la fournaise ardente. 24 Alors le roi Nébucadnetsar fut effrayé, et se leva précipitamment. Il prit la parole, et dit à ses conseillers: N’avons-nous pas jeté au milieu du feu trois hommes liés? 25 Ils répondirent au roi: Certainement, ô roi! Il reprit et dit: Eh bien, je vois quatre hommes sans liens, qui marchent au milieu du feu, et qui n’ont point de mal; et la figure du quatrième est semblable à celle d’un fils des dieux.»

Nébucadnetsar n’était pas totalement exempt des fautes et des folies dans lesquelles il est si facile, pour un monarque absolu, de tomber. Grisé par son pouvoir illimité, il ne pouvait pas supporter la désobéissance ou la contradiction. Si quelqu’un résistait à son autorité, même si c’était pour de bonnes raisons, il manifestait la faiblesse qui, en de telles circonstance, est commune à toute la race déchue, et il se mettait en rage folle. Bien que gouvernant le monde, il n’était pas capable d’accomplir le difficile devoir de dominer son propre esprit. Même l’aspect de son visage était changé. Au lieu du calme, de la dignité et de la maîtrise de soi qu’il aurait dû conserver, il laissa voir dans son expression et ses actes qu’il était l’esclave d’une passion ingouvernable.

Jetés dans la fournaise ardente.--La fournaise fut chauffée sept fois plus que d’habitude; en d’autres mots, à l’extrême. Le roi fit du zèle car même si la fournaise surchauffée avait eut l’effet espéré sur ceux qui y étaient jetées, les victimes auraient été détruites instantanément. Le roi n’avait rien à gagner avec sa fureur. Mais en voyant leur délivrance, la cause de Dieu et la vérité, y gagneraient beaucoup; aussi, plus intense serait la chaleur, plus grand et plus impressionnant serait le miracle lorsque les jeunes hommes en seraient délivrés.

Chaque circonstance révélait le pouvoir direct de Dieu. Les Hébreux furent attachés avec tous leurs vêtements, mais ils sortirent de la fournaise sans même que l’on remarquât l’odeur du feu. Les hommes les plus forts de l’armée avaient été choisis pour les y jeter, mais le feu les brûla sans qu’ils aient été en contact avec lui. Par contre, il n’eut aucun effet sur les Hébreux, bien qu’ils soient au coeur des flammes. Il est évident que le feu était sous le contrôle d’une intelligence surnaturelle, pourtant il consuma les cordes avec lesquelles ils furent attachés, aussi furent-ils libres de marcher au milieu du feu, qui ne brûla même pas leurs vêtements. Ils ne coururent pas hors du feu dès qu’ils furent libres, mais ils y restèrent, car il revenait au roi qui les avait fait jeter dans la fournaise de leur dire d’en sortir. De plus, il y avait une quatrième personne avec eux, et en Sa présence ils pouvaient être aussi joyeux et satisfaits au milieu du feu de la fournaise que dans les délices et le luxe du palais. Acceptons que dans toutes nos épreuves, nos afflictions, nos persécutions, et nos situations difficiles la présence de la «quatrième personne» nous accompagne, et cela nous suffira!

Le roi reçoit une nouvelle vision.--Le roi dit, «la figure du quatrième ressemble à celle du Fils de Dieu». Pour certains, ce langage est supposé se référer à Christ. La traduction plus littérale, en accord avec «The Revised Version», et d’autres autorités, serait «comme un fils des dieux», il a l’apparence d’un être divin. Bien que c’était sans doute la façon habituelle de Nébucadnetsar de parler des dieux qu’il adorait (Voir le commentaire sur Daniel 4:18), cela n’empêche pas son allusion à Christ, vu que le mot elahin, utilisé ici dans sa forme chaldéenne, bien qu’étant au pluriel, est régulièrement traduit par «Dieu» à travers tout l’Ancien Testament.

Quel cinglant reproche pour la folie et l’égarement du roi que cette délivrance de la fournaise ardente de ces notables! Un pouvoir supérieur à n’importe quel autre sur la terre défendit ceux qui étaient restés fermes devant l’idolâtrie, et avaient méprisé le culte et les commandements du roi. Aucun des dieux païens n’avait pu effectuer une telle délivrance, et il ne le pourrait jamais.

VERS. 26-30: «26 Ensuite Nébucadnetsar s’approcha de l’entrée de la fournaise ardente, et prenant la parole, il dit: «Schadrac, Méschac et Abed-Nego, serviteurs du Dieu suprême, sortez et venez! Et Schadrac, Méschac et Abed-Nego, sortirent du milieu du feu. 27 Les satrapes, les intendants, les gouverneurs, et les conseillers du roi s’assemblèrent; ils virent que le feu n’avait eu aucun pouvoir sur le corps de ces hommes, que les cheveux de leur tête n’avaient pas été brûlés, que leurs caleçons n’étaient point endommagés, et que l’odeur du feu ne les avait pas atteints. 28 Nébucadnetsar prit la parole et dit: Béni soit le Dieu de Schadrac, de Méschac et d’Abed-Nego, lequel a envoyé son ange et délivré ses serviteurs qui ont eu confiance en lui, et qui ont violé l’ordre du roi et livré leurs corps plutôt que de servir et d’adorer aucun autre dieu que leur Dieu! 29 Voici maintenant l’ordre que je donne: tout homme, à quelque peuple, nation ou langue qu’il appartienne, qui parlera mal du Dieu de Schadrac, Méschac et Abed-Nego, sera mis en pièces, et sa maison sera réduite en un tas d’immondices, parce qu’il n’y a aucun autre dieu qui puisse délivrer comme lui. 30 Après cela, le roi fit prospérer Schadrac, Méschac et Abed-Nego, dans la province de Babylone.»

Quand ils en reçurent l’ordre, ces trois hommes sortirent de la fournaise. Puis les princes, les gouverneurs, et les conseillers du roi, sur le conseil et l’assentiment desquels ils avaient été jetés dans la fournaise (car le roi leur avait dit: «N’avons-nous pas jeté au milieu du feu trois hommes liés? vers. 24), s’assemblèrent pour regarder ces hommes, et ils eurent la preuve tangible de leur protection miraculeuse. L’adoration de la grande statue était oubliée. L’intérêt de cette vaste foule de gens était concentré sur ces trois hommes remarquables. Comme elle a dû vite se répandre à travers tout l’empire la connaissance de cette délivrance, quand les gens rentrèrent dans leur province respective! Quel exemple remarquable de Dieu provoquant le courroux de l’homme pour en recevoir sa louange!

Le roi reconnaît le vrai Dieu.--Alors le roi bénit le Dieu de Schadrac, Méschac et Abed-Nego, et il fit un décret afin que personne ne parle mal de leur Dieu; ce que les Chaldéens avaient certainement fait. A cette époque, chaque nation avait son dieu ou ses dieux, parce qu’il y avait beaucoup de dieux et beaucoup de seigneurs. La victoire d’une nation sur une autre était considérée comme étant due au fait que les dieux de la nation vaincue n’avaient pas réussi à la libérer de ses conquérants. Les Juifs avaient été complètement conquis par les Babyloniens, et ceux-ci avaient sans doute parlé en termes peu flatteurs ou avec mépris du Dieu des Juifs. Maintenant le roi l’interdisait, parce qu’il comprenait clairement que son succès contre les Hébreux était le résultat de leurs péchés et non parce que leur Dieu manquait de pouvoir. Ceci plaçait le Dieu des Hébreux dans une position remarquable et exaltée en comparaison aux dieux des nations! C’était reconnaître qu’il imposait aux hommes une norme élevée de caractère moral, et donc, qu’il ne regardait pas leurs actions avec indifférence. Nébucadnetsar fit bien d’exalter publiquement le Dieu du ciel au-dessus de tous les autres dieux. Mais il n’avait pas plus le droit civil ou moral d’imposer à ses sujets une telle confession et un tel respect, ni de menacer de mort les hommes pour ne pas adorer le vrai Dieu, que d’avoir menacé de mort tous ceux qui refuseraient d’adorer sa statue d’or. Dieu ne force jamais la conscience.

Trois Hébreux reçoivent de l’avancement.--Le roi éleva les jeunes captifs, c’est-à-dire qu’il leur rendit les responsabilités qu’ils avaient avant d’être accusés de désobéissance et de trahison. A la fin du verset 30, la Septante, ou version grecque de l’Ancien Testament, ajoute le texte hébreux suivant: «Il les éleva comme gouverneurs de tous les Juifs qu’il y avait dans son royaume». Il est probable qu’il n’insista pas davantage à adorer sa statue.

Les Prophéties de Daniel et l’Apocalypse
Les Prophéties de Daniel et l’Apocalypse (Daniel), Chapitre 2: Le Roi Reve aux Empires du Mond
Les Prophéties de Daniel et l’Apocalypse (Daniel), Chapitre 4: Le Plus Grand Royaume
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